Quand j’étais à l’école d’Analyse Transactionnelle, on nous a un jour demandé d’énoncer un objectif qu’on voudrait atteindre.
J’ai répondu sans réfléchir, mais le sentant parfaitement vrai : « Je veux vivre tous les jours dans un état d’esprit… comme
si j’étais en vacances ». Il y a eu des regards surpris, comme si j’avais dit quelque chose de complètement saugrenu. Et
pourquoi pas ? J’observais une grande différence entre mon état d’être en vacances, où je me sentais vraiment moi, et
celui du quotidien, où inquiétudes diverses généraient en moi un sentiment diffus d’enfermement. Faudrait-il accepter cela
comme inévitable ? Non, je n’étais pas d’accord, bien que ce soit l’avis de la majorité.

Faire un choix

J’ai récemment dû faire un choix banal. Au moment de le faire, je me suis vue me demander comment cela allait être perçu, je me suis interrogée sur le regard que les autres allaient porter sur moi ou sur mon choix. Cette question a créé une agitation intérieure immédiate. Il y avait aussi comme une pression, il ne fallait pas que je me trompe, comme si cela pouvait avoir des conséquences importantes sur mon travail puis ma vie. Je vous
rappelle qu’il s’agissait d’un choix banal, un simple post sur FB.

J’ai décidé de ne pas tenir compte du regard extérieur, de ne pas lui accorder de pouvoir sur moi et en même temps de ne pas accorder trop d’importance à la conséquence de ce choix.
À l’instant où j’ai pris cette décision, j’ai ressenti une liberté intense, comme si un champ d’immenses possibilités s’ouvrait devant moi. Tout avait une lumière nouvelle, intense. En une fraction de seconde, la vie était devenue une danse joyeuse avec multitudes d’expériences que j’étais libre d’explorer, que j’avais envie d’explorer. Tout enjeu semblait s’être évaporé.
Restaient la joie, le plaisir de découvrir, de vivre. C’était ce que j’avais pressenti quand je parlais de vivre dans ‘l’état vacances’.
Dans cette expérience, m’est apparu avec une intensité et une clarté nouvelles le lien entre, d’un côté, l’importance donnée au
regard des autres, les enjeux mis sur une simple action, et, de l’autre, le poids, l’enfermement qu’on peut ressentir dans nos
vies.

Vivre notre vie comme un ensemble d’expériences qu’on subit ou comme une aventure exaltante ne dépend que de nous.

Je suis consciente que cela pourra paraître choquant, et même simpliste pour ceux d’entre vous qui êtes dans la souffrance et
avez l’impression de n’y être pour rien. Mais ayant connu moi aussi dans ma vie le ‘drame’ et la souffrance intense, je peux
affirmer qu’on a le choix. Une phrase qui m’a fait réfléchir et m’a énormément aidé dans une période de grande souffrance
a été cette phrase de Don Juan Matus dans Castaneda :

« On a exactement la même quantité d’effort à fournir pour être malheureux que pour être heureux ».

J’ai alors commencé à observer comment je m’y prenais pour me rendre malheureuse et je me suis rendu compte que cette phrase
était parfaitement vraie.

Alors, est-il possible de vivre cet « état vacances » au quotidien ?

Moi, je dis oui, mais cela ne veut pas dire ne pas être confronté à des obstacles, des limites, des pertes, ne
jamais souffrir…
Non, il s’agit plutôt d’un état en toile de fond à partir duquel on va accueillir nos expériences. Au lieu d’être une
crispation, une lutte envers les situations de notre vie, c’est un positionnement interne dans l’accueil, la légèreté, la souplesse…

Trois exercices pour vous aider à réduire la pression dans votre vie et l’importance du regard de l’autre.

1. Observez.

Dans quelles situations vous mettez vous la pression ? Regardez la pensée qui alimente cette pression, puis regardez si vous pouvez
envisager une pensée différente. Faites-le comme une expérience, juste pour voir ce qui se passe si vous changez de pensée.

2. Essayez la souplesse.

Regardez les moments où vous entrez en lutte contre une situation, une personne, une idée… Vous pouvez repérer la lutte
contre une crispation interne, de la colère, de l’énervement, de l’agacement, du stress…

Voyez quel autre regard vous pouvez apporter sur la situation qui vous permette de sortir de cette lutte.

3. Essayez la bienveillance.

Quand un jugement vous vient à l’esprit, qu’il soit envers vous ou envers quelqu’un d’autre, essayez de trouver quelque chose
de touchant à la place.

Coral Jardon

Paru dans Strada n°41

Coach en développement personnel en Auvergne, coach à distance et soins énergétiques

être heureux au quotidien